Un commentaire moderne de la Torah.

Le fameux problème de l'âge de l'Univers.

Voici deux exemples, glanées au hasard sur Internet, et qui représentent les deux théories généralement admises.

 

Nouvelle estimation de l'âge de la Terre

 


Le Système solaire s'est formé il y a 4,6 milliards d'années d'un nuage de gaz et de poussières ayant subi l'onde de choc de l'explosion d'une supernovae proche. Cette onde de choc provoqua l'agglomération de particules de poussières du nuage en des grains solides, qui à leur tour s'assemblèrent en des agrégats de plus en plus gros, engendrant au final les objets du Système solaire : planètes, comètes, astéroïdes et lunes. La période et la rapidité de formation de ces objets étaient difficiles à déterminer. Les analyses géologiques faisaient remonter la formation du coeur métallique de la Terre à 50 millions d'années après l'explosion de la supernova alors que les modèles informatiques indiquaient 20 à 30 millions d'années.
Les recherches sont mentionnées dans la revue Nature.

 

Quel est l'âge de la terre?



Réponse:
Compte tenu du fait que, selon la Bible, Adam fut crée le sixième jour de l'existence de la planète, il est possible de déterminer un âge approximatif, basé sur la Bible, de la terre en se fondant sur les indications chronologiques concernant la race humaine. Evidemment, ce calcul présume que le récit de la Genèse est précis, que la création en six jours telle que décrite dans la Genèse correspond bien à des périodes de 24 heurs et qu'il n'y a pas d'écarts chronologiques ambigus.

Les généalogies listées aux chapitres cinq et onze de la Genèse indique l'âge auquel Adam et ses descendants ont enfanté la génération suivante, lignée ancestrale d'Adam à Abraham. En déterminant où se situe Abraham dans la chronologie du passé et en additionnant les âges indiqués aux chapitres cinq et onze de la Genèse, il devient apparent que la Bible enseigne que la terre est âgée d'environ 6'000 ans, plus ou moins 100 ans.

A cette contradiction on a répondu de multiples façons.

En voici deux exemples.

Tout comme Adam avait une trentaine d'années lorsqu'il fut créé, le monde est né âgé.

Lorsque la Torah dit "un jour", il s'agit en fait d'une période de durée inconnue.

En fait, si on y réfléchit un tant soit peu, tous le débat tourne autour du mot "créa".

Nous proposons une autre façon de lire.

Le mot "créa" en question est une traduction.

Celle du mot "bara".

Nous allons procéder de la façon suivante.

Premier présupposé, oublier les traductions qu'on connaît.

Deuxième, faire comme si nous devions déchiffrer un manuscrit antique.

Troisièmement, essayer, à l'aide d'un dictionnaire, de se faire une idée du sens du mot en particulier en tenant compte de l'ensemble de ses usages, et du vécu de celui qui se situerait dans cette langue.

Concrètement, et pour éclairer cette dernière phrase qui peut paraître compliquée, il existe en hébreu le mot "koré" qui a deux sens, aussi usités, aussi évidents l'un que l'autre.

Lire et appeler.

Alors nous allons chercher à donner une approximation de ce qui se passe lorsque quelqu'un dont la langue est l'hébreu utilise ce mot.

Pour nous, ce serait le verbe appelire.

Si nous parvenons à faire comme si ce mot existait,   nous dirions:

"je suis en train d'appelire le journal"

"mon journal s'appelit le canard"

"les élèves appelisent la Torah"

"et toi, comment tu t'appelis?"

Sans prétendre apporter des réponses meilleures que d'autres, nous pensons simplement qu'un tel regard devrait avoir sa place parmi les commentaires connus.

.........

Note:
En fait, si on veut être plus précis (et plus honnête dans l'argumentation) il faut dire que l'hébreu fait la différence entre les deux sens.
La différence se marque dans le complément d'objet.
On dit: "j'appelis le journal" et "j'appelis à mon ami Yoel".
Mais il n'en demeure pas moins que le verbe reste le même.

..........

Revenons à nos moutons.

Et prenons tout de suite un dictionnaire.

Nous cherchons "bara" et voici ce que nous voyons.

Nous laissons de côté le sens "créer" car un dictionnaire écrit en l'an 2000 ne peut pas ignorer la façon dont on a, depuis des siècles, on pourrait dire depuis toujours, traduit ce mot.

Ce qui nous intéresse ce sont les usages modestes, populaires, ceux qui sont méprisés par la politique.

Le premier que nous trouvons c'est "déboiser, défricher"

Puis

"engraisser, grossir"

"guérir, se rétablir d'une maladie"

"rendre vigoureux, réconforter"

D'ailleurs, ceux qui connaissent Israël savent qu'une des façons les plus courantes de dire "salut" c'est "tiyé bari".

"Sois en bonne santé".

Et si la Torah nous disait là que "Au commencement" (nous verrons que ce mot pose aussi des problèmes de traduction) le monde fut guéri, consolidé, ordonné? (et on pourrait ajouter bien d'autres mots, comme charpenté, symbolisé, verbalisé, structuré, etc...)

On pourrait s'en tenir là puisque déjà cette porte s'entrouvre sur une infinité de possibilités.

Mais nous avons voulu ajouter une touche esthétique supplémentaire.

La tradition nous enseigne que cette "création", cet événement, cette action mémorable, fut accomplie par le Verbe.

Ce qui n'est pas facile à digérer quand on connaît les lois de la physique.

C'est plus que la pierre philosophale, ce n'est pas le plomb qui se transforme en or, mais les mots.

Alors, nous proposons de forger en français le mot qui se rapproche le plus de l'effet (de signifiant, pour être savant) du mot "bara"

Nous traduirons le mot "bara" par "cria"

Ce fut une "criation"

Et nous dirons à ceux qui ironisent sur notre logique schizophrénique:

- Mais oui, il y a 6000 ans, le monde fut crié.

La criation du monde a eu lieu très précisément il y a 5770 ans.

En disant cela, nous ne pensons pas seulement aux physiciens qui portent la kippa dans leur laboratoire, c'est plutôt l'amorce d'un regard différent qui devrait nous permettre de découvrir, derrière les apparences hélas trop familières, un angle de vision je pense assez intéressant.

D'autant plus que le mot "bara" restera dans le texte jusqu'à la fin des temps, et que d'autres générations le regarderont avec les yeux de leur époque.