Pour décrire à Manitou ce que j'avais vu, j'ai pris l'exemple d'une boule de pétanque.

Antoine se promène dans la campagne et aperçoit un étang.

A quelques mètres de lui, une boule d'acier brillant flotte sur l'eau.

Or voici, la boule est en métal et elle ne coule pas.

Il s 'approche, intrigué, et se demande:

- (Devinez quelle question il pose)

 

 

 

Et c'est juste là, à cet endroit précis du récit que se situe l'énigme.

Car il y en a une.

 

 

 

Mais cette énigme, cette étrange bizarrerie n'est pas évidente.

En effet, lorsque je lis une traduction, la question est la suivante:

- Comment se fait-il que la boule ne coule pas?

Ce qui est logique, et là, effectivement, on ne voit pas où est le problème.

Par contre, si je lis l'original, j'ai:

- Pourquoi la boule n'est pas en métal?

Ce qui est d'une absurdité totale, nous sommes dans Ionesco, ou il y a une erreur quelque part.

 

 

Cette énigme est cachée dans et par les traductions, elle est invisible.

Elle n'existe que dans le texte d'origine (ou dans la traduction de Chouraqui).

 

 

 

Donc, la vérité du récit, la version authentique c'est:

- Pourquoi la boule n'est pas en métal?

Comme il s'agit d'un texte (je parle de la Torah) qui est lu et relu, disséqué et commenté, on ne va pas manquer de trouver une avalanche d'interprétations, d'explications à cette incongruité.

 

 

Mais on ne trouve rien

 

 

Contrairement à cette novlangue qu'on a implantée dans notre esprit, Moïse (Moshé en fait) n'a pas manifesté son étonnement à propos de la non-combustion du buisson.

Résumons:

La Torah dit:

"Le buisson brûle et le buisson n'est pas consumé"

Et Moshé demande:

"Pourquoi le buisson ne brûle-t-il pas?"

Il n'a pas dit:

- Comment se fait-il que le buisson ne se consume pas? (comme le prétendent les rabbins. / cf.Bible du Rabbinat)

Mais:

- Comment se fait-il que le buisson ne brûle pas?

Et on ne trouve aucun commentaire qui s'interroge sur cette question surprenante de Moshé.

 

 

C'est là où nous en étions, Manitou et moi.